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Que je suis bien dedans en ton ventre maman
Dans ton cocon tout doux, jouissant allègrement
De ta bonne chaleur, tes tendres bêlements.
Je ne me doutais pas de l'ultime tourment.
Soudain je sens l'angoisse puis bientôt la terreur,
Les crispations du ventre face à tant de frayeurs.
Moi je ne les vois pas et pourtant que j'ai peur
Malgré la protection de ma douce demeure.
Secouée, bousculée, poussée et ballottée,
Implorant la pitié des bourreaux redoutables,
Maman ne peut lutter contre l'inacceptable
De ces griffes intruses, de ces doigts étrangers.
Ils agrippent ma tête et m'extirpent de force
Du ventre bienfaisant en des gestes féroces.
Et me voici à terre, fragile nouveau-né,
Quand les bourreaux s'avancent pour ma gorge trancher.
Je ne saurais jamais que ma laine imprégnée
Du liquide amniotique signerait mon décès
Sur l'autel du luxe, des manteaux de ces dames
Eclaboussés du sang des innocentes âmes.
Zazou
14.02.12
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