Impatience mortelle
George Frederic Watts, Orphée et Eurydice, 1869
Ses poèmes d'amour retentissent encore
Dans le ciel étoilé ou le coton des nues,
Sa voix enchanteresse parcourue de fils d'or
Effeuille les esprits et les coeurs alors nus.
Par ses odes sacrées, Orphée conquit la grâce
D'une beauté fragile appelée Eurydice
Dont le minois mutin est tombé dans la nasse
D'un amour profond comme un brûlant précipice.
Ils unirent leurs âmes, scellèrent leur union
Par un beau mariage en rires et chansons
Quand un serpent mordit Eurydice au talon.
La vie quitta la belle vers de sombres vallons.
Orphée désespéré, pleura et pleura tant,
Chanta des mélodies poignantes de détresse
Que les Dieux consentirent, émus par ces beaux chants
A le voir pénétrer au royaume d'Hadès.
Apprivoisant Cerbère par ses notes qui glissent
Berçant les pensés de Perséphone et des morts,
Las, le Dieu des enfers accepta qu'Eurydice
Rejoigne les vivants, échappant à son sort.
Ainsi Orphée s'enquit du chemin du retour
Ne devant surtout pas sa femme regarder
Car celle-ci serait aspirée pour toujours
Aux enfers ténébreux des âmes tourmentées.
Enfin Orphée huma le parfum bleu du ciel,
Impatient se tourna, mais trop tôt cependant.
Eurydice n'était pas sortie du tunnel.
Orphée perdit sa belle jusqu'à la fin des temps.
Zazou
30.04.14
