L'enfant qui pleure
Bruno Amadio
Des larmes de rosées glissent sur tes pétales
Mais tes pensées d'enfant ont le froid du métal.
Ton innocence a fui par les plaies de ton âme
Causées par les blessures des lames de tes drames.
Ta maman est partie, un saut par la fenêtre
Sans un mot, sans un cri, pas une seule lettre
Ombrageant de nuages ton présent, petit être
Lacérant ton esprit en guenilles et guêtres.
Ton papa est bien loin, préférant son travail
A ses enfants chagrins griffés par la tenaille
D'une vie implacable parsemée de rocaille,
Brisant de jeunes pousses en tranchantes limailles.
Menacé de partir en terres inconnues
Destin obscurci par l'existence chenue,
L'angoisse te dévore comme une hydre sauvage
Appelant les tempêtes et les pluies d'orage.
Pleure petit bonhomme, pleure petit garçon
Laisse tes eaux noircies aux rus des abandons.
Ne garde pas pour toi ces immondes souffrances,
Romps les cordes morbides, les baillons du silence.
zazou
janvier 2015
