A mon père détesté
Pour ceux qui pourraient en douter, non, je ne parle pas de mon papa.
1893
J'aurais voulu avoir un père respectable
Et que les gens se disent voilà un homme bien.
Mais en réalité tu es pire que rien.
Je me perds à présent en une pluie de sable.
J'aurais voulu t'aimer de tout l'amour possible.
Toujours tu t'es montré brutal et inflexible
Ignorant tes enfants et méprisant ton fils
Dédain qui fut pour lui véritable supplice.
Happé par la machine il est maintenant mort
Lui qui voulait prouver à toi père lointain
Qu'il pouvait travailler lui aussi de ses mains.
Mais bien évidemment tu n'as aucun remords.
Je ne pouvais pas croire qu'il s'agissait de toi
Quand ils t'ont arrêté dans la maison là-bas
L'ignoble charognard, l'horrible prédateur.
De familles entières tu as brisé le coeur.
Je vis les yeux baissé, la honte me gangrène.
Pour ce que tu as fait je dois subir la peine
A perpétuité d'être une de tes filles.
Je ne sens que le vide sous mes pieds qui vacillent.
Le néant m'a saisie, je ne puis supporter
Me voir dans un miroir, y retrouver tes traits.
Mon nom d'une plaie rouge est désormais marqué.
Je ne veux plus me dire fille de Fourniret.
Je m'en vais retrouver mon frère bien aimé
Car le sang des victimes je ne puis racheter
Tes membranes sur pattes comme tu les nommais.
Je te crache dessus mon papa détesté.
© Zazou
mai 2008
