Le vieux
XVIIIè
Son histoire se lit dans les sillons profonds
Ces lettres mystérieuses qui parcourent son front
Qui racontent la vie et la mort qui le toise
L’existence fuyant au rythme des comtoises.
Sa main parcheminée égrène un chapelet
Perle l’une après l’autre, lentement, doucement
Comme pour apaiser la cadence du temps
Qui imprime sa marque sur le corps fatigué.
Sur la chaise à bascule, inquiétant métronome
Se balance en avant, se balance en arrière
Chaque balancement comme autant de prières
Pour éloigner en vain les si proches fantômes.
Sa bouche desséchée a perdu sa parole
Mais de ses yeux lassés, il regarde la vie
Cette vie qui défile à une allure folle
Que son esprit ne peut la freiner à l’envie.
Le tambour lancinant de sa poitrine usée
S’affaiblit à présent, de plus en plus ténu
Mécanisme rouillé et ressorts abîmés
Les cliquetis des montres à jamais se sont tus.
octobre 2008
