La sorcière
Sous les douces étoiles, elle est née nue sans fards
Dans l'eau bleue d'un étang auprès des nénuphars.
La petite fée blanche dénuée de baguette
Ne vit pas le crapaud qui guettait la fluette.
Celui-ci salivait de sa bave poisseuse
A l'idée de nuire à la pauvre ingénue.
D'un mouvement agile de sa langue fourchue
Il transforma la fée en vile disgracieuse.
Son joli nez si fin se couvrit de pustules
Sérosités putrides des laides vésicules.
Son front se déforma en de multiples bosses.
L'amphibien verruqueux l'appela Carabosse.
Poursuivie par les rires, les croassements moqueurs
La sorcière s'enfuit, les joues mouillées de pleurs
Mais elle se souvint que fille des lumières
Ell' devait exaucer des enfants les prières.
Quand elle pénétra dans un souffle magique
Les rêves d'un gamin aux êtres héroïques
Tétanisé d'effroi, il hurla sa terreur
Affolé qu'il était par autant de laideur.
A partir de ce jour, elle fut pourchassée
Frappée à coup de pierres et à coup de balais.
Elle saisit l'un d'eux, s'envola dans les cieux
Pour confier aux étoiles son coeur lourd, malheureux.
Enfants n'ayez pas peur des sorcières de nuit
Voulant vous mener à de belles aventures.
Enfants n'ayez pas peur des sorcières de nuit
Dans cette peau ignoble se cache une âme pure.
zazou
octobre 2008
