Déni
La mère s'exprime maintenant, du fond de sa prison.
Une cellule grise, quelques photos au mur
Le rire de mes filles flotte comme un murmure
Parfum évanescent dans cet air délétère
Qui ne peut effacer les grilles et barrières.
Pas d' avertissement, j'avais pas deviné
Aucun signe troublant, j'ai rien dissimulé
Mon ventre n'a rien dit, je n'ai pas fait exprès
Même pas maladive, juste un peu fatiguée.
La souffrance survint douleur d'une tenaille
Et puis il est sorti par delà mes entrailles
Se forant un chemin au travers de ma faille
Embrumant le cerveau de mon coeur qui déraille.
Cette poupée de chair était-elle la mienne
Qui n'a pas prévenu son arrivée prochaine?
C'était un autre moi qui avait pris mon corps
Qui a donné la vie et a donné la mort.
L'autre moi a bercé cet enfant dans ses bras
L'a couché doucement au milieu de ses draps
A saisit l'oreiller et étouffé les cris
Du nouvel arrivé et désormais parti.
Une cellule grise, quelques photos au mur
Il n' y a plus de rires et non plus de murmures
Le parfum envolé dans cet air délétère
N'a pas pu effacer les grilles et barrières.
© Zazou
juin 2008
