Le poète
Le poète nomade parcourait les chemins
De la France profonde sans penser lendemains.
En une cour de ferme ses pas le conduisirent
Au fermier demanda d’y déposer sa lyre.
Le fermier accepta pour une nuit durant.
Le gaillard s’installa dans les bottes de foin
Y trouva le confort pour son esprit errant
A travers les collines et les prairies au loin.
Soudain ses rêveries volèrent à la vue
De la fille des lieux qu’il avait entrevue
Lui demanda son nom lequel était Gervaise
Ordonna conquérant : « Viens donc là que j’te baise ! »
Le troubadour coquin lui conta des fleurettes
Au plaisir de la muse alla à la conquête.
La donzelle friponne ravie de l’aventure
Fit l’éloge de l’homme, de ses poèmes purs.
La mère en l’écoutant, curieuse de ces vers
Pénétra dans la grange sans aucune manière
Donna au ménestrel son doux nom de Pauline.
Le poète exigea : « Viens donc là que j’te pine ! »
Cela faisait longtemps que la bonne patronne
N’avait joué l’amour, joué la polissonne.
La fermière sortit du bâtiment agraire
Emue de découvrir un tel don littéraire.
Le fermier décida d’entendre à ce moment
Les œuvres du poète portées au firmament.
Mais sa femme et sa fille en vraies têtes de mules
L’empêchèrent d’entrer : il s’appelait Hercule.
zazou
septembre 2008